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Photo-Généalogie
TECHNIQUE PHOTOGRAPHIQUE  (2)

 
                              

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Exemples

 





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ARGENTIQUE  vs  NUMÉRIQUE





Au début était le bromure d'argent. Son royaume s'étendait de l'Alaska à l'Australie, de Hollywood à Pinewood, de Nadar à Cartier Bresson en passant par Lucien Clergues et Sam Haskins, sans compter des amateurs passionnés qui, de laboratoires obscurs en expositions et concours s'échangeaient des recettes de "soupes" pour obtenir du grain sur le négatif, ou des infos sur le dernier papier de tirage (Ah! le Ranarto de Léonard).

Je vous parle d'un temps que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître. Quand la lampe rouge du "labo" adoucissait les ombres et exaltait les hautes lumières, Quand l'épreuve apparaissait enfin au fond de la cuvette et révélait au monde le regard que le photographe portait sur lui.

Car, qui n'a pas développé lui-même ses photos, souvent dans sa salle de bains, ne peut pas comprendre la magie de cet instant où, dans le noir presque complet, votre seule perception est celle de l'image qui se révèle et vous transporte dans un monde que vous avez créé.

La séance de tirage finie, après avoir matérialisé ses rêves et ses fantasmes, il était douloureux de retrouver le monde tel qu'il est dans une lumière blanche et crue.

Vous aurez compris que la photo argentique, pratiquée dans ces condition, était une façon de voir le monde, de le vivre, en un seul mot: un Art.

Au plaisir que prenait le photographe il y avait une contrepartie: le tirage "définitif" d'une photo prenant parfois une demi-journée, il était exclu de travailler à la chaîne et "sortir" plus de dix photos de qualité  en une séance relevait du défi.

Tout aurait pu continuer longtemps si... durant les années 1990 une bataille industrielle au niveau mondial ne s'était pas engagée entre les acteurs de la révolution informatique et les détenteurs du marché de la photographie argentique.

L'enjeu pour les premiers était simple: développer la technique numérique en photographie permettrait de vendre des ordinateurs mais surtout des consommables, imprimantes dédiées, encres et papiers, accessoirement appareils photographiques. La clientèle étant existante, il suffisait de la déplacer à leur profit en faisant la promotion d'une technique présentée comme "high tech".

Ce n'était pas une ficelle mais un cable d'amarrage et les puristes de la photo argentique se tinrent prudemment à l'écart de ce "phénomène de mode", d'autant que les résultats de cette nouvelle technologie étaient fort décevants en termes de qualité. Je conservais mon laboratoire argentique.

1995: Un nouveau média se développe et sa croissance, d'abord dans le domaine de la recherche puis dans les affaires, devient exponentielle. Il s'agit d'Internet, promu par Wanadoo, une filiale de France Télécom. Nous découvrons un média, rudimentaire il est vrai, RTC oblige, mais qui permet de recevoir et d'envoyer  du texte et des photos. Il "suffit" de numériser une photo argentique avec un scanner et de l'envoyer, attachée à un mail. J'y suis connecté en 1996 sur une ligne Numéris (deux fois plus rapide).

1998: On parle beaucoup de l'ADSL qui permettrait de transférer les fichiers jusqu'à dix ou vingt fois plus vite. Je pense alors à ce que l'outil internet pourrait apporter à mon activité professionnelle et envisage la création d'un site qui serait une vitrine des produits proposés sous la forme de photographies.

1999: L'ADSL m'est promis pour le début de 2000. Mon projet est bien avancé mais je bute sur une question d'intendance: mon site comportera une centaine de photos que je dois renouveler tous les mois. Je n'arrive pas à trouver de procédure simple pour disposer de 100 photos numérisées par mois sans que cela me prenne moins de deux semaines. Au lieu de numériser des photos argentiques (prise de vue, développement et planche contact, tirage, numérisation, retouche, sauvegarde et transfert) j'envisage de faire la prise de vue directement avec un appareil numérique (prise de vue, retouche, sauvegarde et transfert). Je tombe à 4 jours dont 3 incompressibles de prise de vue. Ma décision est prise: je passerai au numérique pour mon activité professionnelle et uniquement pour elle, en raison des économies à réaliser.

2000: L'ADSL m'est installé pour ma fête le 24 juin (pour l'anecdote: 4 techniciens pendant 3 heures...). Comme je l'ai prévu j'achète un APN Epson PC650 de 1 MégaPixels (en promo à Auchan) et je commence à faire mes photos de maisons et d'appartements comme un mélomane écouterait de la techno.

Je transfère les photos sur l'ordinateur et là j'ai un choc!!! Je suis bluffé par la qualité de l'image sur l'écran, avant même d'effectuer la moindre retouche. Ne voulant pas en croire mes yeux, je ressors immédiatement et vais faire quelques photos autour de mon bureau.

Depuis cette découverte, j'ai démonté mon laboratoire, j'ai continué à faire quelques photos avec mes appareils argentiques mais ai confié les pellicules à un laboratoire extérieur et, depuis 2003, n'y ai plus retouché.

J'ai depuis changé d'appareil et appris à exploiter toutes les possibilités offertes tant par l'appareil lui-même que par les différents programmes de retouche d'images. Il y a des photos que je ne peux plus faire à cause du "bruit" en faible lumière (éclairage à la bougie...) mais il y en a tellement que j'ai découvertes (les séries de 800 photos en 4 heures, les assemblages panoramiques...) que mon prochain appareil sera un reflex, numérique bien sûr.

De mon expérience j'ai retiré les enseignements suivants:

L'Argentique est encore le meilleur (mais pour peu de temps) pour:

- les tirages grand format (30x40) ou supérieurs avec négatif 4,5x6, 6x6, ou 12x18 comme mon appareil à soufflet)

- les longues focales qui permettent d'isoler un sujet avec netteté sur un fond flou, les très longues focales (>300 mm) qui permettent les photos animalières, à moins de tomber dans le matériel numérique professionnel.

- Les effets spéciaux sur pellicule N&B comme le sur-développement, le grain...

- La qualité des tirages sur papier argentique comparée aux tirages avec une imprimante

Le Numérique est quant à lui bien supérieur dans les domaines suivants: 

- Automatisation des réglages de prise de vue par l'utilisation intensive de l'informatique embarquée

- Possibilité de voir, avant de prendre la photo, le résultat sur l'écran de l'appareil

- Avec une carte adaptée, ou mieux, en reliant l'appareil directement à un ordinateur, possibilité de faire des séances de plusieurs centaines de clichés sans s'arrêter pour changer de pellicule

- Suppression de la phase de développement de la pellicule avec tous les aléas qu'elle comporte

- Automatisation de la phase de visualisation des images sur l'écran, que l'on peut comparer à la planche contact, mais en plus grande dimension pour prévoir le recadrage et les retouches

- Programmes de retouche d'images performants en version "automatique" (un seul bouton à cliquer) et très performants en version manuelle permettant de rendre lisible la photo d'un acte normalement illisible par l'application d'outils de retouche densitométrique

- L'inconvénient lié à l'utilisation de longues focales se révèle être, par contre, un atout dans l'utilisation des courtes focales, ce qui permet de faire des photos rapprochées avec une grande netteté par l'utilisation de la touche "macro", notamment pour la photographie de registres, et très spectaculaires si on s'intéresse à la photo d'insectes.


Ma conclusion:

- Parmi la masse des photos réalisées avec un A.P.N., très peu d'entre elles méritent d'être encadrées ou exposées, surtout pour nous photo-généalogistes.

- Quand c'est le cas, pour remplir l'album de famille ou exposer, il suffit de demander à un laboratoire professionnel de tirer le fichier numérique sur papier argentique. Dans bien des cas, vous aurez une photo de qualité supérieure à ce que vous auriez pu obtenir avec un appareil argentique de même prix.

- Je vous conseillerai toutefois de "travailler" vos photos vous-même sur votre ordinateur, dans la pénombre, comme certains le faisaient dans leurs laboratoires, vous risquez éprouver les mêmes joies qu'ils ressentaient à l'apparition de leur "œuvre".


C'est tout le bonheur que je vous souhaite.







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